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Y a t’il une expérience de la psychose ?

Journée d’études :

Y-A-T-IL UNE EXPERIENCE DE LA PSYCHOSE ?

- DE LA CLINIQUE A LA PHENOMENOLOGIE

12 mai 2012
 - 9h-12h & 14h-18h
Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm,
Salle Cavaillès - (45 rue d’Ulm, 75005 PARIS)


MATINEE : 9H-12H

Discutants : Thomas Lepoutre (Univ. Paris-7 Diderot) ;
Claire Nioche (Docteur en psychopathologie & psychanalyse, Univ. Paris-7 Diderot)

9h- 9h45 : Accueil et introduction : Sarah Troubé & Benjamin Levy (ENS - Université Paris 7 Diderot)

9h45-10h30 : Elisabetta Basso (CAPHES - CNRS-ENS, Paris)

— - Décrire l’expérience psychopathologique : enjeux de la phénoménologie dans le débat Jaspers - Binswanger

10h30-11h15 : Patricia Janody (Psychiatre hospitalier, Psychanalyste)

— - Traversées psychotiques : hors de l’expérience, ou or de l’expérience ?

11h15-12h : Renaud Evrard (CIRCEE - Université de Rouen ; Psycho-clinicien)

— - Psychose atténuée ou expériences réputées psychotiques ?
Enjeux de quelques discours sur le déréel

DEJEUNER : 12h-14h

APRÈS-MIDI : 14H-18H

Discutants : Olivier Putois (Université PAris-1 - Paris-7 Diderot)
Benjamin Levy (ENS - Université Paris-7 Diderot)

14h-14h45 : Bernard Pachoud (MC. Univ. Paris-7 Diderot, CRPMS - Psychiatre )

— - Psychose et troubles de la quotidienneté

14h45-15h30 : Rudolf Bernet (Pr. ém. de philosophie Univ. de Louvain/Leuwen - Psychanalyste)

— - Délire et réalité

15h30-16h15 : Antoine Masson (Pr. Univ. de Namur et Louvain - Psychanalyste, Psychiatre)

— - Impasse adolescente et péril psychotique : l’expérience impossible

PAUSE : 16h15-16h30

16h30-17h15 : Alain Bottéro (Psychiatre clinicien)

— - Vers la fin de la schizophrénie ?

17h15- 18h : Discussion et clôture de la journée

Du vécu délirant ou hallucinatoire aux impressions diffuses d’étrangeté ou de référence, existent divers types d’expériences réputées psychotiques.
La description phénoménologique de ces expériences n’est pas sans conséquences sur l’abord clinique de la maladie mentale ; pourtant, les modalités exactes de leur existence, et à plus forte raison la possibilité de les décrire, semblent aujourd’hui trop peu interrogées.

Que cherche-t-on donc à désigner par le terme d’expérience psychotique ?
Dans la lignée des analyses de Jaspers, cette expression a pu désigner un ensemble d’états et de vécus non compréhensibles formant une expérience délirante primaire spécifique. Dans la psychiatrie contemporaine, nombre de recherches portant sur la psychose débutante invitent d’autre part à questionner cette notion : peut-on cliniquement dégager des expériences subjectives signalant le début d’une psychose ? Si oui, comment appréhender ou décrire leur spécificité ? Ces questions se posent avec d’autant plus d’acuité que les données épidémiologiques et psychométriques montrent la prévalence élevée des expériences supposées caractériser la psychose débutante dans la population générale, ce qui bouleverse leur appréhension théorique et pratique, en particulier parce qu’elles ne sont pas toujours associées à des demandes de soin.

Questionner le mode d’entrée dans la psychose manifeste ou le processus de
formation du délire à partir des dimensions expérientielles et subjectives n’invite cependant pas seulement à interroger les descriptions théorique et l’appréhension pratique des expériences réputées psychotiques. C’est la pertinence même de la notion d’expérience qui semble pouvoir être remise en cause : en effet, n’est-il pas paradoxal que l’approche phénoménologique de la psychose amène à tenter de saisir ce que certains sujets décrivent comme des vécus de vide ou de néantisation psychique ? La nécessité d’une redéfinition du concept d’expérience ne se fait-elle pas sentir, lorsque nous tentons de l’appliquer à des situations où tend à s’effacer toute trace de subjectivité, au sens traditionnel du terme ? Par conséquent, est-il possible de penser que l’expérience psychotique, si elle existe, ne désigne pas un état premier de la psychose, mais est déjà partie prenante d’un travail de reconstruction du contact avec le monde ?

Nous souhaitons que cette journée d’étude, organisée avec le soutien du département du philosophie de l’Ecole Normale Supérieure, du CRPMS (Université Paris-7 Diderot) et du Cermes3 (CNRS UMR 8211, Université Paris Descartes), soit l’occasion d’aborder et de discuter ces questions, bien entendu non exhaustives, grâce à l’interaction entre analyses cliniques et philosophiques, et dans un esprit d’interdisciplinarité, entre phénoménologie, psychanalyse, épistémologie et histoire de la psychopathologie.

Sarah Troubé & Benjamin Levy